poème de Jean Rousseaux
Un Louvre imaginaire
Dvorak égrène sa symphonie dans mon oreille experte,
La Seine coule en eaux colorées,
Vert, sienne, cobalt et Van Dyck mêlés
Les toits sont bleus comme le ciel, inerte
Vide et sans limite au bord.
Quel chemin suivre dans le dédale de la musique ?
Quelle ombre étalée sur ce mur de soleil ?
Quelle tache dont le reflet vermeil
Va soudain animer d’une impression unique
Cette ébauche anonyme qui se ressemble seule ?
Né d’une main malhabile et qui erre sans but,
Etalant sa couleur en de larges ondées
Vibrantes, changeantes et dégradées,
En touches fugaces et perlées d’eau, si vite disparue,
Un monde se construit à nul autre pareil.
Enfin, comme se démarque le thème récurrent,
A traits fins et souples, les contours esquissés
Font Jaillir de la masse des couleurs amassées,
Un Louvre imaginaire, comme sorti du néant,
Un Louvre imaginaire qui jamais n’existât.




