Nicolas Fouquet

Nicolas Fouquet
Nicolas Fouquet

Compte rendu de la conférence de Monsieur Jean Claude Petitfils le 20 octobre 2007.

Nicolas Fouquet, surintendant des Finances, compte parmi les personnages les plus fascinants du Grand Siècle. Habile et plein de charme, fin et distingué, fastueux financier, mécène généreux, bâtisseur du magnifique domaine de Vaux-le-Vicomte, il côtoie les poètes, les écrivains, les artistes (La Fontaine, Corneille, Mme de Sévigné, Le Brun…).

Il fut accusé d’avoir puisé dans les caisses de l’Etat.

Fut-il un financier douteux ou fut-il accusé par jalousie ? Fut-il coupable ou victime ?

Dans sa conférence, Jean-Christian Petitfils, auteur d’une importante biographie consacrée à ce personnage (Perrin et coll. Tempus), a montré son rôle méconnu dans la période difficile qui va de la fin de la Fronde (1653) à la mort du cardinal de Mazarin, en mars 1661.

Usant de son crédit personnel, finançant l’effort de guerre, il sauva la monarchie de la faillite.

Cependant, rongé par les chimères et l’ambition, rêvant de devenir un nouveau Richelieu, entretenant autour de lui un vaste réseau de créatures dévouées comme de belles et dangereuses espionnes, fortifiant pour son compte la citadelle de Belle-Isle, ce fastueux ministre ne pouvait que se heurter à l’autorité naissante du jeune Louis XIV.

Sans doute fut-il coupable de malversation, comme tous les financiers de son temps, mais, victime de la jalousie de ses nombreux ennemis, dont Colbert, il paya pour les autres.

Son arrestation le 5 septembre 1661 par le fameux d’Artagnan, sous-lieutenant des mousquetaires, suivie de son procès retentissant, fut le début de la révolution royale.

Condamné à l’emprisonnement à vie, Fouquet finit ses jours au donjon de Pignerol le 23 mars 1680.

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Jean-Christian Petitfils, historien de l’Ancien Régime, est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont, chez Perrin, deux biographies de Louis XIV et Louis XVI, respectivement couronnées par l’Académie Française et l’Institut.
Il vient de faire paraître un roman d’Histoire, « La Transparence de l’aube » (Perrin), écrit dans la langue du Grand Siècle, et un « Louis XIV expliqué aux enfants » (Le Seuil).

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