Chaque saison, la Société Historique Artistique et Littéraire de Puteaux (SHALP) organise des conférences sur les sujets les plus divers, soit d’intérêt local, soit plus largement sur l’histoire et la culture.
Elle fait appel à des universitaires de renom, ou à des chercheurs et écrivains ayant publié des ouvrages ayant fait date.
Nous reprenons en archives ci-dessous les thèmes de nos conférences des années 2020 à 2024.
Conférences SHALP 2020
Pour mémoire, voici les conférences organisées par la SHALP en 2020, où notre programme a été fortement perturbé à partir du mois de mars, en raison des mesures préventives face à la crise sanitaire.
» LES SAVANTS DE BONAPARTE » par Robert Sole
Le samedi 18 janvier 2020 à 15h00 (Palais de la Culture)
En juillet 1798, Napoléon Bonaparte part à la conquête de l’Égypte. C’est le premier choc de l’époque moderne entre l’Occident et l’Orient musulman. Plus de 160 « savants et artistes » de toutes disciplines participent à cette aventure. Ces héritiers du siècle des lumières mèneront pendant trois ans une enquête sans précédent, consignée dans une publication monumentale, la Description de l’Égypte. Grâce à eux, la terre des pharaons sera révélée aux Français et au reste du monde.
Écrivain et journaliste français d’origine égyptienne, né au Caire, Robert Solé a travaillé une quarantaine d’années au journal Le Monde dont il a été notamment le correspondant à Rome et à Washington, puis l’un des rédacteurs en chef. Il est l’auteur de sept romans parus aux éditions du Seuil dont Le Tarbouche (1992) et Les Méandres du Nil (2019), ainsi que divers essais et récits historiques, parmi lesquels Les savants de Bonaparte (Seuil), Dictionnaire amoureux de l’Égypte (Plon) et La Grande aventure de l’égyptologie (Perrin).
» LA FONTAINE » par Dominique Lobstein
Le samedi 01 février 2020 à 15h00 (Palais de la Culture)
A la fin des années 1870, un collectionneur marseillais, Antony Roux décide de commander une nouvelle édition des Fables de La Fontaine dont les gravures s’inspireront d’aquarelles réalisées par les plus importants artistes du moment. Après s’être adressé à une trentaine de peintres, il ne s’adressera plus qu’à un seul, Gustave Moreau, qui en peindra soixante-quatre. Ces œuvres conservées en mains privées n’ont pas été vues depuis une exposition de 1906. Trente-cinq seront présentées au Musée Gustave Moreau à partir de novembre 2020. En attendant cette exposition, cette conférence permettra d’évoquer un commanditaire inattendu et un artiste passionné, mais aussi des étapes de la réalisation de cette commande, des sources dont s’inspira le peintre et de la réception de ses œuvres.
» LA PEINTURE CLASSIQUE « par Hélène de la Salle
Le samedi 4 avril 2020 > Conférence annulée
» LES VALSES VIENNOISES » par Véronique Defauw
Le samedi 30 mai 2020 > Conférence annulée
» SCENES DE CRIMES AUX MUSEES » par Christos Markogiannakis
Le 27 juin 2020 , reprogrammée le 26 septembre 2020 > Conférence annulée
Lors de cette conférence, une sélection d’œuvres picturales seront le théâtre de scènes de crime qu’il traitera comme un profiler.
De quelle typologie le meurtre relève-t-il ? Quels en sont les enjeux factuels et historiques ? Qui sont les victimes ? Et surtout avec quel portrait peur-on tracer les coupables ? Quel est leur profil, leur mobil ?
Des réponses apportées à ces questions dépendra la possibilité de faire éclater la vérité au grand jour.
» LE CORPS HUMAIN VU PAR LES ROMAINS » par Jean-Noël Robert
Le samedi 10 octobre à 15h00 (Palais de la Culture)
Qui, aujourd’hui, ne se soucie de son apparence physique, de l’image qu’il offre au regard d’autrui ? Les Romains n’étaient pas en reste dans ce domaine. Le poète comique Afranius taclait celui qu’il trouvait laid d’un simple : « quel est donc ce singe ? » (Le singe était considéré comme le plus laid des animaux !) Dans l’Antiquité, le corps est un langage. Il peut faire l’objet de dissimulation, d’illusion, ou révéler une vérité.
Quelle apparence physique devait offrir l’homme romain ? Quelle image devait refléter la femme ? Comment éduquer le futur citoyen pour qu’il sache se tenir en société ? Comment entretenir son corps, le soigner ? Comment prévenir la vieillesse, considérée déjà à l’époque comme un naufrage ? C’est en répondant à ces questions (et à quelques autres) sur le corps des Romains que nous apprenons à mieux comprendre nos lointains ancêtres., et peut-être également un peu mieux notre nature humaine.
» MATISSE, UN ROMAN » par Sylvie Gazannois
Le samedi 07 novembre 2020 > Conférence annulée
Étant donné la situation actuelle, il a été jugé préférable d’entendre la conférence de Sylvie GAZANOIS à Puteaux.
Pour le 150ème anniversaire de la naissance d’Henri Matisse, le Centre Pompidou revient sur cette fabuleuse carrière de peintre et de sculpteur à travers un parcours chronologique où s’imbriquent texte et image. L’exposition réunit des chefs d’ouvre des musées français (Paris, le Cateau-Cambrésis, Nice, Grenoble) et met en avant son travail autour du livre avec les « Poésies » de Mallarmé ou l’album « Jazz » ainsi que ses talents de céramiste et de décorateur.
Rejouant le titre de l’ouvrage de Louis Aragon, Henri Matisse, roman (1971), l’exposition « Matisse, comme un roman » reprend son principe de cheminer dans l’ouvre, cherchant, comme dans le livre à capter « une lueur sur ce qui se passe ». Chacune des neuf séquences de l’exposition est éclairée par le regard d’un auteur porté sur l’ouvre matissien : Louis Aragon, Georges Duthuit, Dominique Fourcade, Clément Greenberg, Charles Lewis Hind, Pierre Schneider, Jean Clay, et Henri Matisse lui-même.
En écho à ces écrivains, critiques et poètes, l’exposition interroge la relation de Matisse à toutes les écritures du signe plastique du mot.
Conférences SHALP 2021
Pour mémoire, voici les conférences organisées par la SHALP en 2021, où notre programme a été fortement perturbé jusqu’à l’été, en raison des mesures préventives face à la crise sanitaire.
» LA VIENNE DU XIX° SIÈCLE » par Véronique Defauw
Le samedi 18 septembre 2021 à 15h00 (Palais de la Culture)
Si Vienne fascine c’est par ce qu’elle clôt le Siècle des Lumières et s’avance vers les ombres tragiques du fascisme. Cette période culturelle brillante et bientôt malade de ses ambiguïtés, n’a jamais tant produit de talents, célèbres Comme Klimt, Otto Wagner ou Schiele mais aussi oubliés que nous tenterons de faire renaitre.
En effet la Ville de Vienne connait au cours du XIX° siècle une importante évolution : elle a sa première gare de chemin de fer des 1837. Les fortifications sont remplacées par le RING. Elle va avoir son Musée d’Histoire de l’Art, et son Museum d’Histoire naturelle ouverts en 1897. C’est cette mème année qu’est fondée la Sécession Otto Wagner, Gustave Klimt.
C’est une période faste dans tous les domaines : médecine avec Semmelweis qui prône le lavage des mains avant d’accoucher les femmes, psychanalyse : début de Freud et bien d’autres comme les compositeurs Gustav Mahler et Arthur Schoenberg, l’écrivain Arthur Schnitzler.
» LA SCULPTURE FRANCAISE CLASSIQUE » par Héléne De La Selle
Le samedi 16 octobre 2021 à 15h00 (Palais de la Culture)
La sculpture française du XVIIe siècle offre la même richesse et la même variété que l’architecture. Surtout religieuse dans les premières décennies, elle reste marquée d’influences diverses (maniéristes ou réalistes…) comme en témoigne l’œuvre de Jacques Sarrazin. Avec le régné de Louis XIV, se mettra en place l’unité du « grand style ». Pierre Puget se démarquant cependant de la production nationale par une violence baroque, admirée de nos jours, mais qui L’écarta à l’époque des grands chantiers royaux. Girardon et Coysevox s’imposeront comme les principaux auteurs de la grande statuaire de Versailles.
La peinture françaises (1) : Le courant officiel. Au tout début du XVIIe siècle, la peinture française est en crise. Mais le double contexte de la Contre-Réforme et de l’essor de I ‘architecture privée va favoriser la peinture aussi bien religieuse que profane. Simon Vouet, formé en Italie est très marqué au départ par l’influence de Caravage. Mais il va ensuite évoluer vers une peinture lumineuse et typique de ce que l’on appelle le « baroque française », l’art du règne de Louis dont il est le meilleur représentant.
» L’ASIE CENTRALE DE TAMERLAN (1370-1507) », par Marc Toutan (CNRS)
Le samedi 13 novembre 2021 à 14h30 (Palais de la Culture)
Si le nom de Tamerlan évoque pour le grand public des images de fleuves de sang et de monceaux de crânes, il en va tout autrement pour les historiens de l’art et les autres spécialistes de cette période. Le royaume timouride, fondé par le conquérant dans un monde bouleversé par le cataclysme mongol, devient progressivement le théâtre d’une véritable « Renaissance » qui n’a alors rien à envier à celle que connaissent les États européens à la même époque. Un formidable essor scientifique, artistique et culturel fait de Samarcande une cité renommée dans tout le monde musulman pour son architecture monumentale et les calculs de son observatoire astronomique. Et Hérat (aujourd’hui en Afghanistan), la seconde capitale, est quant à elle significativement qualifiée de « Florence de l’Orient ».
Dernier grand conquérant nomade, Timour (le véritable nom de Tamerlan) n’est en ce sens pas l’ultime avatar de Gengis Khan. À la différence de celui qui a pu représenter pour lui un modèle, Timour ne règne pas sur le monde des steppes. Il s’en rend maître mais n’aspire pas à les gouverner. Ce sont les oasis qui constituent le cour de son domaine. Il y fait donc ériger des palais, des mosquées, des mausolées madrasas qui comptent parmi les chefs-d’ouvre de l’architecture médiévale. Mais il est aussi soucieux de prospérité économique et fait construire des caravansérails, des routes, des ponts pour favoriser les échanges commerciaux. En transférant de grandes quantités de richesses, d’artisans et de savants à Samarcande, il fait de la Transoxiane le foyer d’une des plus hautes expressions de la culture perso-islamique. Dès la mort de Timour, ses fils et petits-fils perfectionnent cette matrice esthétique pour faire de « la culture timouride » un modèle qui inspirera les Ottomans, les Safavides de Perse et les Grands Moghols d’Inde.
Avec le règne de ce bâtisseur de civilisation qu’est Tamerlan l’Asie centrale occupe une nouvelle place. Longtemps sise au carrefour des mondes chinois, perse, mongol, turc et russe, elle ne constitue plus désormais la périphérie mais le centre d’un empire.
« Le célibat dans la noblesse française d’Ancien Régime » par Juliette Eyméoud
Le samedi 11 décembre 2021 à 15h00 (Palais de la Culture)
Pourquoi la noblesse française du XVIIe siècle a-t-elle choisi de conserver la moitié de ses membres dans le célibat ? Quelle pouvait être la vie d’un ou d’une célibataire noble ? Le célibat était-il signe d’exclusion et de solitude ou, au contraire, celui d’une vie active et entourée ?
Juliette Eyméoud présentera les conclusions de sa thèse, « Le célibat dans la noblesse française d’Ancien Régime« , réalisée à l’EHESS sous la direction de Fanny Cosandey (soutenue en décembre 2020).
Ce travail de recherches a permis d’isoler le XVIIe siècle comme fabrique de célibataires nobles, pour des raisons économiques, sociales et symboliques propres au second ordre.
Il a également montré l’ampleur démographique du célibat, ou plutôt des différentes formes de célibat. Hommes et femmes, religieux et laïcs, composent cette population de célibataires nobles.
A une présentation globale du phénomène, succédera une série de portraits qui permettront de témoigner des raisons du célibat (à l’échelle des familles) et de ses conséquences à l’échelle individuelle. A rebours des images de sacrifiés que l’on imagine, les célibataires nobles du XVIIe siècle présentent des profils variés – allant du militaire de carrière à l’aristocrate parisienne, en passant par l’évêque-courtisan ou à l’abbesse renommée pour sa ferveur – et sont des personnages nécessaires à l’équilibre des lignages.
Conférences SHALP 2022
Pour mémoire, voici les conférences organisées par la SHALP en 2022
» HISTOIRE DU MÉDICAMENT « , par Jean Roussaux
Le samedi 15 janvier 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Le médicament est aussi vieux que l’espèce humaine puisque la maladie accompagne celle-ci depuis la nuit des temps. C’est d’abord dans la nature, sa mère nourricière, que l’homme a cherché, comme beaucoup d’autres animaux, les remèdes destinés à soulager voire à guérir ses maux. Il a appris à distinguer les plantes qui lui étaient bénéfiques et celles qui l’empoisonnaient.
C’est en Inde, en Chine et en Egypte que l’on trouve les premières traces d’une thérapeutique qui faisait le plus souvent appel aux vertus des plantes mais aussi à des sécrétions et dépouilles animales ainsi qu’à des minéraux. Tous avaient été sélectionnés de manière empirique.
L’utilisation de ces remèdes a longtemps conservé un aspect magique et le traitement de la maladie restera d’abord indissociable de la sorcellerie et de la croyance en des forces surnaturelles. L’art de guérir était alors réservé aux dieux, aux sorciers, aux guérisseurs ou aux religieux, la prière précédant parfois la prescription médicale comme chez les hébreux. Chez les grecs la médecine était divinisée, elle avait ses temples à Epidaure, à Rhodes ou à Cos
Pourtant, au fur et à mesure que se sont développées des observations scientifiques de qualité, l’art de guérir et l’utilisation du remède ont quitté progressivement la sphère du magique et du religieux pour devenir rationnels, abandonnant l’esprit de système qui caractérisait la vieille médecine. Le sorcier ou le religieux cédèrent la place au médecin qui prescrit les remèdes et à l’apothicaire qui les prépare et les vend.
Des premiers recueils de remèdes comme le Pent’sao, en Chine ou le papyrus d’Ebers en Egypte jusqu’aux pharmacopées actuelles si riches en médicaments destinés à traiter la plupart des maux, que de chemin parcouru. C’est ce chemin ponctué par l’évocation des drogues des médecins grecs, les apports de l’alchimie, la découverte des principes actifs des plantes médicinales, l’introduction des médicaments de synthèse par Paul Ehrlich et les travaux sur les antibiotiques et de bien d’autres médicaments encore que cette conférence vous invite à parcourir.
De « La Bergère et le Ramoneur » au « Roi et l’Oiseau » : généalogie d’un mythe « , par Sébastien Roffat
Le samedi 12 février 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Cette conférence revient sur le tournage plus que chaotique du premier dessin animé de long métrage français, la Bergère et le Ramoneur (1953), réalisé par Paul Grimault scénario de Jacques Prévert, studio les Gémeaux. Presque 10 ans de tournage, un budget multiplié par 10 pour finalement se terminer par des procès intentés par Grimault et Prévert contre leur producteur. Le studio des Gémeaux fait faillite et le film a depuis disparu. Pourtant, Grimault n’a jamais vraiment abandonné son rêve et en 1980, il propose au public une version modifiée intitulée « Le Roi et l’Oiseau » et qui a connu un grand succès.
Cette conférence évoquera donc à l’aide d’archives totalement inédites l’histoire de ce film mythique et son étonnante production.
Sébastien Roffat est historien, spécialiste du cinéma d’animation. Il a publié huit ouvrages sur le sujet dont «la Bergère et le Ramoneur » de Paul Grimault et Jacques Prévert :« Chronique d’un désastre annoncé » (L’Harmattan, 2020). Il enseigne depuis presque 20 ans au collège Maréchal Leclerc de Puteaux.
» Les grands mécènes Russes « , par Véronique Defauw
Le samedi 12 mars 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Du XIX° siècle à la Révolution bolchevique, de riches industriels russes investissent dans l’art avec l’ambition d’éduquer le peuple et de lui offrir musées, ateliers, de promouvoir les artistes russes. Ils ouvrent leur pays à l’art contemporain, collectionnant avec passion et parfois frénésie la peinture impressionniste, mais aussi fauviste, cubiste. Ils ont pour nom Mamontov, Chtchoukine, Morozov. Ils se connaissent, s’influencent, rivalisent. Nous les suivrons dans leur grandeur, mais aussi dans leur déroute.
Mamontov, (1848-1918), dans sa villa, reçoit de grands artistes russes: peintres tel Ilia Répine, chanteurs tel Chaliapine, compositeurs tel Tchaïkovski, Rimski-Korsakov.
Chtchoukine(1854-1934) a souvent séjourné à Paris où il se familiarise avec l’impressionnisme et le post impressionnisme et achète des œuvres de Claude Monet, Gauguin, Van Gogh et des débuts de Picasso.
Les Morozov sont deux frères: MikhaÏl (1870-1903) qui découvre Picasso, et Ivan (1871-1921) qui achète des ouvres de peintres russes puis Picasso, Cézanne…
» La Turquie: Soliman le Magnifique « , par Frédéric Hitzel, Chercheur au CNRS, spécialiste de la civilisation ottomane
Le samedi 2 avril 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Pourquoi Soliman, surnommé « le Magnifique » par les Occidentaux, « le Législateur » par les Turcs, est-il considéré comme le plus grand sultan de l’Empire ottoman ? Pourquoi est-il aussi célèbre, si ce n’est plus, que d’autres princes orientaux, tels que Toutankhamon, Gengis Khan ou Tamerlan ? Pourquoi est-il le seul à être communément inclus parmi les grandes figures de l’histoire universelle ?
À ces questions, il existe plusieurs réponses. Tout d’abord, un règne impressionnant par sa durée, de plus de quarante-cinq ans (1520-1566), exceptionnellement long pour l’époque. Par ailleurs, Soliman est contemporain de deux grands monarques de la Renaissance : François Ier, né comme lui en 1494, et Charles Quint, né en 1500. Cette proximité d’âge est importante car elle crée une compétition entre ces trois monarques pour gouverner l’Europe au XVIe siècle.
Soliman c’est aussi une personnalité remarquable. Il passe pour être un homme sage, d’une exceptionnelle élévation morale, fidèle à ses engagements, vertueux dans sa vie privée, remarquablement instruit et zélé en matière de religion. Mais plus que tout, son règne correspond à l’apogée de l’expansion ottomane, tant en Europe balkanique et centrale qu’en Méditerranée et au Proche-Orient. Enfin, comment ne pas évoquer cette grande métropole qu’est Constantinople, devenue Istanbul qui, au XVIe siècle, devient la ville la plus peuplée du monde ?
Le règne de Soliman, souvent qualifié de « siècle d’or » apparaît incontestablement comme l’une des périodes les plus brillantes de la civilisation ottomane dans des domaines aussi variés que la poésie, la cartographie, les textiles, les arts décoratifs, l’architecture. C’est aussi à cette époque qu’apparaissent de nouveaux produits: le café, les fleurs à bulbes comme les tulipes, qui, à partir de son règne vont progressivement conquérir l’Europe puis le monde.
«La peinture française du XVIIe siècle» par Hélène de La Selle
Le samedi 30 avril 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Le courant officiel. Au tout début du XVIIe siècle, la peinture française est en crise. Mais le double contexte de la Contre-Réforme et de l’essor de l’architecture privée va favoriser la peinture aussi bien religieuse que profane. Simon Vouet, formé en Italie, est très marqué au départ par l’influence de Caravage. Mais il va ensuite évoluer vers une peinture lumineuse et typique de ce que l’on appelle le « baroque français », l’art du règne de Louis XIII dont il est le meilleur représentant.
Le courant caravagesque. En parallèle du courant officiel de Vouet, et dans la lignée de Caravage, les peintres dits «de la réalité » représentent un des courants les plus importants de cette première moitié du siècle. Georges de la Tour, dont la peinture, tout en intériorité, est typique de la spiritualité française de l’époque, et les frères Le Nain, célèbres pour leurs scènes paysannes, en offrent deux aspects très différenciés et d’une grande richesse.
« La Kabylie en partage : Dans l’intimité des femmes », par Dominique Martre
Le samedi 21 mai 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Dans les années 1970, j’ai enseigné pendant un an dans le collège de M’Chedallah, un village situé aux confins de la petite et de la grande Kabylie, au pied de la montagne du Djurdjura, magnifiquement plantée de figuiers et d’oliviers.
Les habitants l’appelaient encore « Maillot » (et c’est toujours le cas aujourd’hui) du nom que l’administration française lui avait donné en 1882, après l’avoir créé sur les terres de leurs ancêtres, séquestrées en représailles pour leur participation à l’insurrection de 1871.
Outre le nom, les traces de la colonisation étaient visibles à M’Chedallah, notamment par le biais des forêts napalmées, des anciennes demeures de colons, portant toujours leurs noms et que les habitants avaient réinvesties, ainsi que l’enfermement des femmes dans leurs maisons.
Ces femmes, je les avais découvertes par l’intermédiaire de mes élèves, elles m’avaient chaleureusement accueillie et j’avais partagé leur quotidien autant que des moments de bonheur ou de drames. A partir du journal que je tenais quotidiennement, j’ai décidé de retracer des fragments de leurs histoires qu’elles m’avaient racontées, puis de celles des hommes que je côtoyais aussi, histoires qui s’enrichirent de mes nouvelles rencontres en France et en Algérie, dans les années 2000.
Il me fallait donner à mes personnages un socle historique. C’est ainsi qu’à partir de mes recherches dans les documents d’archives, de mes lectures et de mes échanges avec les habitants, je me suis employée à reconstituer l’histoire de la création et de la vie du centre de colonisation jusqu’en 1962, puis des événements qui l’ont traversé jusqu’après « la décennie noire ».
Dominique Martre, Auteur du livre la Kabylie en partage – Dans l’intimité des femmes
» Les 250 ans de l’inauguration du pont de Neuilly, 1000 ans d’histoire » par Jean-François Martre
Le samedi 24 septembre 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Le 22 septembre 1772, il y a tout juste 250 ans, en présence de toute la cour, de la favorite Madame du Barry, du corps diplomatique et d’une foule considérable, le roi Louis XV procéda à l’inauguration officielle du pont de pierre de Neuilly construit par Jean-Rodolphe Perronet. L’ingénieur avait ordonnancé l’opération pour que les cintres des cinq arches puissent tomber simultanément à un signal donné par un roulement de tambour. Les charpentes des cintres s’abattirent à grand bruit dans le fleuve, produisant un remous tel que plusieurs embarcations chavirèrent. Des jeunes filles vêtues en blanc jetèrent des fleurs dans la Seine, et le roi, montant dans son carrosse traversa le pont en premier et rejoignit Marly en empruntant le nouvel axe de l’actuel rond-point de la Défense puis celui des Bergères.
Pour célébrer cet anniversaire, nous vous proposons 1000 ans d’histoire, d’anecdotes et d’iconographies sur le passage de la Seine à Neuilly par gué, bac, ponts en bois, pont en pierre et pont métallique.
» L’éducation et l’école des jeunes romains au temps de Cicéron « , par Jean-Noël Robert
Le samedi 15 octobre 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Qui sera surpris d’apprendre que Cicéron était, dès son plus jeune âge, un brillant élève, admiré de ses camarades. et envié par quelques jaloux ? Mais n’allons pas imaginer que l’école, même à la fin de la République romaine, ressemblait à la nôtre. Certes, elle s’était organisée assez tardivement et ne se limitait plus à l’éducation donnée par les pères de famille, mais elle était très différente de ce que nous imaginons : pas d’école publique (l’enseignement est privé), pas d’obligation scolaire, pas d’enseignants formés, as de diplômes. mais un usage immodéré du martinet ! En un mot, rien d’unanime, sauf dans la détestation.
Il nous faut donc prendre nos distances avec ce que les historiens nous enseigné. Même si, selon Tacite, l’éducation à la romaine nous a légué en héritage un bilan qui n’a rien perdu de son actualité : « l’oisiveté de la jeunesse, la négligence des parents, l’ignorance des maîtres et l’oubli des mœurs antiques ».
» La peinture française classique du XVII° siécle (2° partie) » par Hélène de La Selle
Le samedi 19 novembre 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
Le courant classique : Après les « peintres de la réalité » dont Georges de La tour est l’exemple le plus sublime, la peinture française atteint son apogée avec Poussin. Celui-ci considérait la peinture faite pour la délectation de l’oil mais aussi de l’esprit. Chaque tableau est un modèle d’équilibre et d’harmonie, mais il est surtout porteur d’un message philosophique ou moral. Le Lorrain, avec ses somptueux paysages baignés de lumière et Philippe de Champaigne, l’artiste le plus représentatif de ce siècle mystique, complètent l’éventail si riche de la première moitié du siècle. Pour le règne de Louis XIV, le grand peintre de cour est Charles Le Brun, véritable chef d’orchestre de la monarchie triomphale.
» La mode des Turqueries « , par Frédéric Hitzel
Le samedi 17 décembre 2022 à 15h00 (Palais de la Culture)
A la fin du XVII° siècle en Europe, la terreur que les Turcs ont longtemps inspirée cède progressivement la place à une véritable fascination. Cette curiosité des européens pour le monde turco-ottoman se traduit par l’expansion d’un phénomène esthétique et artistique que l’on désigne sous le terme turqueries.
Récit de voyages consacrés aux territoires ottomans, traductions d’œuvres littéraires, dont les plus connues sont Les Mille et Une Nuits, spectacles splendides offerts par les ambassadeurs de la Sublime Porte, autant de catalyseurs qui vont inspirer aux artistes, pour le plus grand plaisir des élites dirigeantes, une vision fabuleuse de ce monde lointain.
C’est certainement en France que la mode des turqueries s’est exprimée de la manière la plus féconde et la plus durable, mais le genre artistique s’est étendu bien au-delà, que ce soit à la cour de Londres, de Vienne ou de Saint-Petersbourg. Elles sont une source inépuisable pour les artistes dans les domaines aussi divers que la mode, la peinture, la musique, le théâtre, voire les décorations d’intérieur. Elles reproduisent un imaginaire fantastique favorisant une grande créativité.
Conférences SHALP 2023
Pour mémoire, voici les conférences organisées par la SHALP en 2023
» La peinture en Hollande au XVII° siècle » par Hélène de La Selle
Le samedi 28 janvier 2023 à 15h00 (Palais de la Culture)
République bourgeoise ayant conquis son indépendance politique et religieuse à la force du poignet, la Hollande est un cas unique dans l’Europe de l’époque.
Son art « ni monarchique ni religieux » reflète cette spécificité de l’école de peinture hollandaise du XVII° siècle. Franz Hals, d’une étonnante modernité, en est le plus ancien représentant, suivi magistralement par le géant qu’est Rembrandt. Dès le succès de « La leçon d’anatomie » en 1632, la réputation de Rembrandt est faite et durant dix années, il va connaître une carrière exceptionnelle. Mais la fin de sa vie sera plus dure, marquée par différents deuils familiaux, des problèmes juridiques et financiers et les commanditaires qui l’abandonnent. Car Rembrandt est un artiste libre qui ne veut pas tenir compte des goûts de son temps, pour ne travailler que ce qui l’intéresse, soit la matière et surtout la lumière. Rembrandt meurt dans l’indifférence générale, mais nous ayant laissé l’œuvre d’un des plus grands artistes de tous les temps.
» ROSA BONHEUR « , par Sylvie Gazannois
Le samedi 18 février 2023 à 15h00 (Palais de la Culture)
A l’occasion du centenaire de sa naissance, le Musée d’Orsay revient sur la carrière hors norme de cette artiste peintre, connue surtout pour ses tableaux animaliers (labourage nivernais, 1849). De l’Auvergne à l’Ecosse, en passant par les Etats-Unis, Rosa Bonheur montra une curiosité insatiable pour la diversité des espèces et des paysages. Son œuvre s’est nourrie de la zoologie, de la botanique ainsi que des découvertes scientifiques afin de dresser de véritables portraits de bêtes sauvages ou domestiques. Femme libre et indépendante, elle reçut la Légion d’honneur, témoignant de sa popularité et de son talent.
» La gravure subversive du XVI° au XIX° siècle » par Véronique Defauw
Le samedi 18 mars 2023 à 15h00 (Palais de la Culture)
La Renaissance, grâce à l’invention de l’imprimerie, voit se développer la gravure. Média de grande diffusion, la gravure se fait rapidement moyen de propagande, de critique sociale et politique. Les grands artistes y trouvent un terrain de liberté. Nous les suivrons des images de la Réforme aux journaux satiriques du XIX° siècle.
» KIMONO » par Madame Odile Jersyk
Le samedi 22 avril 2023 à 15h00 (Palais de la Culture) > conférence annulée
Vêtement emblématique et caractéristique de l’identité du Japon le kimono est aujourd’hui une pièce incontournable de la mode. Des écoles de samouraïs aux acteurs de kabuki, aux stars de la pop internationale, pleins phares sur une tenue qui transcende les catégories et les frontières.
Apparu il y a plus de mille ans, le kimono – littéralement : « ce qui se porte » incarne aux yeux des Japonais, la culture et la sensibilité nationales. C’est au début de l’ère Edo (1603-1868) qu’il devient l’habit traditionnel par excellence, porté par l’ensemble des Japonais, indépendamment de leur statut social ou de leur genre. Un âge d’or qui voit l’extraordinaire développement de sa production et la naissance d’une culture de la mode grâce à l’engouement du monde du spectacle. Célébrités et élégants de l’époque – acteurs de kabuki en tête – devenant alors les premières icônes de mode japonaises. S’il atteint timidement les côtes européennes à la fin du XVII° siècle, c’est dans les années 1850, avec l’ouverture du Japon au commerce extérieur, que le kimono s’exporte vers un Occident alors fasciné par son caractère exotique.
L’enthousiasme soulevé par sa forme ou ses tissus transforme profondément et radicalement la mode du continent quelques décennies plus tard. Dépassant par la suite son statut de symbole, désavouant son caractère traditionnel et intemporel, il ne perdra rien de sa superbe entre les ciseaux des plus grands stylistes du monde entier (comme chez John Galliano ou Alexander McQueen) ou dans les rues de l’archipel, revisité de façon innovante et parfois subversive par de jeunes Japonais.
L’exposition conçue par le Victoria and Albert Museum revient sur cette histoire, celle d’une tenue emblématique, intimement liée à celle du Japon. Le kimono, sous toutes ses coutures, ou le portrait d’un vêtement résolument moderne, à travers les siècles et les continents.
» Frida KAHLO. Au-delà des apparences, entre mode et peinture « , par Sylvie Gazannois
Le samedi 22 avril 2023 à 15h00 (Palais de la Culture)
L’exposition qui a eu lieu cet hiver au Palais Galliera explorait l’univers intime de l’artiste mexicaine et tentait de comprendre comment elle s’était construite une identité artistique et personnelle à travers ses robes fleuries, ses coiffures ou encore les corsets qu’elle peignait. Sur sa Plus de 200 objets retraçaient cette carrière marquée par la passion, la douleur et la création montraient combien ce travail avait aussi largement influence les couturiers tes que Jean-Paul Gaultier ou Dior. Le propos de cette conférence est de revenir également sur sa carrière, riche d’œuvres autobiographiques et sur sa relation avec d’autres peintres mexicains dont son mari Diego Rivera.
» Les influences de la céramique ottomane dans les arts industriels européens « , par Frédéric Hitzel
Le samedi 13 mai 2023 à 15h00 (Palais de la Culture)
En 1867, à l’occasion de l’exposition universelle de Paris, le public a été invité à découvrir une incroyable collection de céramiques orientales au musée des Thermes et d l’Hôtel de Cluny. Plus de 450 assiettes décorées de fleurs, d’animaux, de personnages, de bateaux ont été admirées suscitant l’enthousiasme de nombreux céramistes’, à commencer par Théodore Deck pour qui « C’est un régal pour les yeux, un repos pour l’esprit ».
Cette collection unique au monde, actuellement conservées au musée de la Renaissance du Château d’Ecouen, a encouragé des industriels, en quête de nouveaux décors, à s’inspirer de ces modèles venus d’Orient dont l’appellation fut longtemps incertaine. En effet, s’agissait-il de « faïences persanes » comme le mentionnait le catalogue de Cluny ou bien de « céramiques turques », voire « grecques ». Comme l’affirmaient certains. Si de nos jours, il est reconnu que qu’il s’agit d’assiettes produites dans les ateliers d’Iznik (l’ancienne Nicée), nous verrons que l’appellation suscita maintes controverses. Cela n’empêcha pas les artistes (Théodore Deck, Léon Parvillée, Emile Gall », Edmé Samson, Edmond Lachenal, Eugène Victor Collinot) et les manufactures européennes, qu’elles soient françaises (Vieillard, Longwy) belge (Boch Frères Keramis), italienne (Cantagalli) ou hongroise (Zsolnay) de s’inspirer de ces extraordinaires céramiques peintes, d’une rare qualité technique, aux couleurs chaudes et chatoyantes.
« FRÉDÉRIC DARD dit SAN-ANTONIO », par Éric Bouhier
Le samedi 17 juin 2023 à 15h00 (Palais de la Médiathèque)
Né à Jallieu (Isère) le 29 juin 1921, Frédéric Dard est un enfant à l’imagination fertile, nourrie par une invraisemblable boulimie de lecture. Son premier livre, à 17 ans, La Peuchère, inaugure une œuvre qui sera traduite en 35 langues, comptant près de 290 romans, psychologiques et policiers, des centaines de nouvelles et une soixantaine d’adaptations théâtrales et cinématographiques. On estime à 250 millions le nombre de livres vendus sur une période couvrant un peu plus de la deuxième moitié du XX° siècle.
Tardivement saluée par la critique, dominée par les aventures aux accents rabelaisiens du commissaire San-Antonio et de ses joyeux acolytes, cette incroyable production littéraire, fidèle au Fleuve Noir pendant 50 ans, a tardé à être reconnue comme une œuvre majeure de la littérature contemporaine. Mais l’engouement des lecteurs pour les aventures de San-Antonio, 183 au total suscita bientôt la curiosité des critiques, des intellectuels et des universitaires, comprenant enfin que la drôlerie et la noirceur de ces romans cachaient aussi une vision tantôt réjouissante, tantôt féroce de la société. En humaniste vigilant, ce créateur de millier de mots nouveaux n’a cessé de vanter les vertus de l’amour et du travail, tout en dénonçant la bêtise humaine, capable de gangréner toutes les couches de la société. Cet homme dont l’entourage louait la jovialité, l’extrême bonté et la générosité, était aussi rongé par le doute et des périodes de désespoir ; une personnalité riche à l’origine d’une œuvre complexe où le rire côtoie l’obsession de la mort.
Décédé le 6 juin 2000, Frédéric Dard, dit San-Antonio, repose à Saint-Chef (Isère).
« Constantinople vue par les peintres, de Gentile Bellini à Paul Signac. », par Frédéric Hitzel
Le samedi 9 septembre 2023 à 15h00 (Palais de la Culture)
Constantinople ou Istanbul est sans doute, avec Rome et Venise, la ville qui, dès le XVI° siècle, suscita l’iconographie la plus riche. La capitale du Grand Turc fascine et attire les voyageurs. Mais au-delà de cette fascination, c’est l’appréhension de la puissance menaçante du Turc qui encourage missions et récits, textes et images. Connaître l’adversaire est la motivation principale dans laquelle se mêlent crainte et admiration pour les humbles, plaisir et renseignements pour les puissants de l’Europe.
Si le XVII° siècle est surtout marqué par des scènes de bataille, les «peintres du Bosphore» s’imposent dans les siècles suivants. L’essor prodigieux des relations entre l’Occident et l’Orient conduit de nombreux savants, notamment botanistes, géographes et plus tard archéologues à entreprendre le voyage en Orient.
Au XIX° siècle, la Méditerranée est un lieu important d’échanges. Constantinople devient une grande métropole. Les scènes orientalistes perdent peu à peu leur éclat bariolé et n’intéressent plus les artistes. Tandis que certains d’entre eux arrivent dans la capitale ottomane en quête d’impressions, de jeux de lumière, d’autres sont poussés par un impérieux besoin de fuir la civilisation moderne pour de nouveaux horizons.
De Gentile Bellini à Paul Signac, c’est à cette découverte de Constantinople à travers la peinture que nous vous invitons.
« Propos sur la peinture naïve » par Jean Roussaux
Le samedi 14 octobre 2023 à 15h00 (Palais de la Culture)
C’est au Salon des Indépendants de 1886 que le mot naïf apparait pour la première fois dans la peinture pour caractériser les œuvres présentées par un inconnu, Henri Rousseau. Pour cette fin de XIXème siècle, un peintre naïf c’est un autodidacte qui ne respecte aucune des règles de la peinture académique. Son inspiration est populaire, ses sujets des paysages, des scènes de rue, des animaux, des portraits. Bref c’est un peintre du dimanche. L’œuvre d’Henri Rousseau en est la parfaite illustration. Ce fils de ferblantier, devenu employé d’octroi, d’où le surnom de douanier, a produit des tableaux, un peu ridiculisés d’abord, qui obtinrent un succès d’estime. Des peintres renommés comme Derain ou Picasso, des littérateurs comme Apollinaire et des d’amateurs d’art les appréciaient. Son œuvre profondément originale qui affirmait un style nouveau se voyait par certains qualifiée de géniale.
La naïveté devenant à la mode, les marchands d’art révèlent au public des peintres inconnus, au style réputé naïf mais dont il serait naïf de croire leur peinture naïve comme le soulignait Aragon. Ainsi on découvre Séraphine de Senlis, Bauchant, Bombois, Vivin et bien d’autres si bien que l’on a pu dire que l’art naïf a émergé grâce aux collectionneurs et aux marchands d’art. Ces peintres naïfs étaient des gens du peuple, plusieurs devaient leur notoriété tardive à Wilhelm Uhde, un négociant amateur d’art qui a installé l’art naïf sur la scène française. Progressivement le champ de l’art naïf s’est élargi aux primitifs italiens et flamands, au primitivisme chrétien .La naïveté règnerait-elle partout dans la peinture ?
Ainsi les grands maitres modernes, Cézanne, Gauguin et d’autres qui ont montré que le génie de la création n’avait guère besoin de l’enseignement académique pour s’exprimer auraient-ils aussi, volontairement ou non, fait preuve de naïveté dans leur œuvre ? La réponse est ambigüe car lorsque leur quête d’une originalité plastique ramène ces créateurs à « l’innocence première, à l’instinct retrouvé » dont parlait Apollinaire, ce n’est pas à leur sincérité, à leur ingénuité, à leur naïveté, qu’on l’attribue mais au contraire on loue leur souveraine et consciente intelligence et leur génie.
Une évocation des œuvres de quelques « naïfs » et une brève incursion dans celles de Cézanne, Gauguin ou Matisse montrera que la naïveté imprègne souvent la peinture et que la peinture dite naïve s’impose comme un art authentique qui a toute sa place dans l’histoire de la peinture occidentale.
« Benvenuto Cellini et Leone Leoni Artistes spadassins » par Véronique Defauw
Le samedi 25 novembre 2023 à 15h au Palais de la Culture
Ces deux artistes italiens au sang chaud, maniaient aussi bien l’épée que le ciseau de sculpteur, nos deux héros vont se croiser et se haïr Comment expliquer que la beauté soit si proche du crime. C’est ce que nous essaierons de comprendre.
« Amour et gloire «la vie inimitable » de Cléopâtre avec ses deux amants : Jules César et Marc Antoine » par Jean-Noël Robert
Le samedi 9 décembre 2023 à 15h au Palais de la Culture
Cléopâtre, surnommée «la reine des rois» par le général romain Marc Antoine, fut assurément l’une des femmes les plus extraordinaires de l’Antiquité. Et cependant nous ne savons pas grand-chose sur elle sinon qu’elle fut jugée dépensière et dévergondée. Elle n’eut en réalité que deux amours dans sa vie, deux Romains parmi les plus célèbres, qui succombèrent à son charme (à défaut probablement de sa beauté) : Jules César qui la mit sur le trône d’Egypte à 18 ans et en fit une reine et Marc Antoine avec qui elle partagea son pouvoir dans les douceurs orgiastiques de ce que Plutarque nomma «la vie inimitable». Mais comment résister à la jalousie cupide de l’implacable Octave (le futur Auguste)? A cause de lui devait se nouer la tragédie qui emporta les amants terribles à Alexandrie au mois d’août de l’année 30 avant notre ère. Cléopâtre n’avait pas encore 40 ans, mais elle sut affronter son destin avec une détermination qui force l’admiration.
Conférences SHALP 2024
Pour mémoire, voici les conférences organisées par la SHALP en 2024
» Van Gogh et Auvers sur Oise : les derniers jours » par Sylvie GAZANNOIS
Le samedi 13 janvier 2024 à 15h au Palais de la Culture
L’exposition du Musée d’Orsay revient sur les deux derniers mois de la vie et de la carrière du peintre. Il arrive dans le petit village d’Auvers-sur-Oise, en mai 1890, après les graves crises subies à Arles et St-Rémy de Provence. Sur les conseils de son frère Théo, il se rapproche du Docteur Gachet, médecin spécialisé dans le traitement de la mélancolie mais aussi collectionneur et peintre amateur. C’est au sein d’une nouvelle communauté artistique qu’il réalise avec frénésie plus de 70 tableaux parmi lesquels «l’Eglise d’Auvers» ou le «Champ de blé aux corbeaux». Cette productivité incroyable n’apaisera pas son âme tourmentée et il mettra fin à ses jours le 29 juillet 1890.
» Madame Vigée Le Brun (1755-1842) : le génie d’une femme portraitiste à la carrière internationale » par Guillemette de Mauduit
Le samedi 17 février 2024 à 15h au Palais de la Culture
Cette femme fascinante connut une brillante carrière en France où elle fut introduite auprès de la reine Marie-Antoinette. D’ailleurs, elle l’a portraiturée avec grâce et éclat plus d’une trentaine de fois. Elle sut renouveler avec succès l’art du portrait et captiver le spectateur. L’harmonie de ses tableaux conjuguée au velouté et à la brillance de ses couleurs séduisirent toutes les cours d’Europe et même jusqu’à la Russie. Nous la suivrons donc dans son atelier pour évoquer son évolution stylistique et technique avec l’huile sur toile et le pastel qu’elle mania avec magie.
» Histoire du Boulevard Richard Wallace à Puteaux « par Jean-François Martre
Le samedi 13 avril 2024 à 14h30 au Palais de la Culture
C’est un des axes les plus connus de Puteaux, emprunté tous les jours par les voyageurs qui descendent de la gare, et le week-end pour aller au bois de Boulogne où on peut dire qu’il a ses racines. On l’aurait voulu tout droit, mais il dévie et s’élargit en arrivant à la Seine. Contrairement aux vieilles rues de Puteaux qui existaient déjà au XVIe siècle et qui sont pour la plupart parallèles à la Seine, il va développer sa percée perpendiculaire au fur et à mesure des besoins des habitants, des coups de boutoir des règles de l’urbanisme, et va grâce au pont de Puteaux offrir un axe de circulation vers Paris.
Il fait la liaison entre deux voies de grande communication, la Seine et son quai d’une part, et la ligne de chemin de fer Paris-Versailles et sa gare d’autre part.
En le parcourant, on refait l’histoire de la ville, depuis le vieil estaminet qu’a peut-être connu Lully aux nouveaux immeubles de style haussmannien. Quelques habitations et édifices publics méritent qu’on les regarde de près.
Il s’est appelé sente puis chemin du moulin, chemin, rue puis boulevard du chemin de fer, les noms de rue ont longtemps été ceux d’un lieu (moulin, bac), d’un lieu-dit (Bas-Rogers), d’un donateur de terrains (Gérhard, Collin), finalement, la ville a voulu honorer la mémoire d’un bienfaiteur, Richard Wallace, au parcours étonnant.
» Leeuwenhoek et Pasteur, un dialogue singulier. » par Jean Roussaux
Samedi 4 Mai 2024 à 15 heures, Palais de la Culture de Puteaux.
Qu’un dialogue soit une pure fiction n’exclut pas que les propos qui sont tenus évoquent des faits parfaitement réels et historiquement prouvés. Aussi nos deux savants vont-ils, en un échange parfois aigre-doux, aborder quelques grandes avancées dans l’histoire des sciences de la vie et préciser leur implication dans ces développements.
De la découverte des microbes par Leeuwenhoek à la théorie darwinienne de l’évolution, de l’acquisition du savoir sur la génération, fût-elle spontanée, à la naissance de la Microbiologie, la science créée par Pasteur, on parcourra cinq siècles de recherches, parfois fructueuses, et de tâtonnements, souvent stériles mais jamais inutiles, qui ont permis de mieux comprendre ce qu’est la vie.
Mais ces connaissances, souvent exceptionnelles, n’en laissent pas moins un sentiment d’incomplétude car si on connait le comment et le pourquoi des mécanismes du vivant, on en ignore toujours complétement l’origine. La somme des connaissances accumulées sur l’origine de la vie laisse aussi insatisfait que le Big-Bang des physiciens censé expliquer l’origine de la matière et de l’énergie.
» Léonard de Vinci et la fascination de l’Orient » par Frédéric Hitzel
Le samedi 1er juin 2024 à 15h au Palais de la Culture de Puteaux.
Parmi les nombreux dessins réalisés par Léonard de Vinci (1452-1519), figure une étude représentant à la plume et à l’encre brune, la terrible image d’un pendu. Il s’agit de Bernardo di Bandino Baroncelli, l’homme qui assassina Julien de Médicis, frère cadet de Laurent le Magnifique, le 26 avril 1478, dans la cathédrale de Florence. Ce meurtre est l’un des épisodes les plus sanglants qui opposa la maison de Médicis à la famille Pazzi. Le meurtrier réussit à s’enfuir et à gagner onstantinople, où il fut démasqué et fait prisonnier par les hommes du sultan Mehmed II. Ramené à Florence, il fut pendu à la fenêtre du Palazzo dei Capitano le 29 décembre 1479.
Léonard de Vinci, alors âgé de 27 ans, se trouvait à Florence où il assista à l’exécution. Il a laissé, à travers son esquisse manifestement réalisée d’après nature, un témoignage poignant sur ce tragique épisode qui secoua la cité Florentine. Il s’intéressa particulièrement au riche vêtement oriental que le meurtrier portait le jour de son arrestation dans la capitale ottomane. Cet intérêt souligne la fascination qu’exerçait déjà l’Orient sur le jeune Léonard de Vinci qui, quelques années plus tard, devait proposer ses services au Grand Turc.
» L’aquarelle est-elle un art mineur ? Son histoire de Dürer à Jackson Pollock. » par Jean Roussaux
Samedi 28 septembre 2024 à 15 heures, Palais de la Culture.
Lorsqu’on ouvre un livre d’histoire de l’art, il est question d’architecture, de sculpture, de céramique voire de tapisserie, il est question des arts de civilisations lointaines ou disparues. Mais bien entendu la peinture occupe une place prépondérante avec de belles reproductions d’œuvres illustrant l’état de cet art aux diverses époques. Il s’agit le plus souvent de peintures à l’huile, parfois de détrempe, mais d’aquarelle il n’en est point question.
Alors, bien sûr, l’aquarelle par la simplicité de sa technique – de l’eau, un papier, un pinceau et de la couleur – parce qu’elle est accessible à tous, parce qu’elle n’implique pas nécessairement une formation dans un atelier et auprès de maîtres renommés, parce qu’elle est choisie par beaucoup de peintres du dimanche, elle pourrait n’être considérée que comme un art mineur.
Et bien non, l’aquarelle n’est pas un art mineur. D’abord parce qu’elle fut souvent utilisée comme un dessin préparatoire aux tapisseries, aux compositions décoratives et aux tableaux à l’huile, parce qu’elle permettait de rapporter de voyages des croquis colorés sources d’inspiration, mais enfin et surtout parce qu’elle a produit des œuvres remarquables entre les mains de Dürer, d’Antoine Van Dyck, de Géricault ou de Daumier et surtout de l’école anglaise avec Constable, Blake et Turner. Elle a influencé Boudin qui transféra la limpidité de l’aquarelle à ses œuvres à l’huile, avec Cézanne elle a participé à l’irruption des révolutions esthétiques du début du XXème siècle, du fauvisme au cubisme et jusqu’à l’abstraction.
Alors pour preuve ce petit panorama de l’aquarelle.
« 150 ans d’histoire, les vapeurs traversant l’Atlantique » par Monsieur Guy Champain
Samedi 26 octobre 2024 à 15 heures, Palais de la Culture.
Passionné de bateaux, j’aimerais vous les faire découvrir. C’est 150 ans d’histoire : du premier vapeur traversant l’Atlantique nord reliant l’Amérique à l’Europe et tous les autres paquebots avec leurs prouesses techniques et leurs évolutions par la taille, leurs puissances et malheureusement les tragédies que cela a engendrées.
60 photos commentées après lesquelles vous pourrez poser les questions que vous souhaitez. J’aurai plaisir à y répondre.
« Un exemple d’atelier XVIIe siècle : Rembrandt et ses élèves » par Véronique Defauw
Le samedi 16 novembre 2024 à 15h au Palais de la Culture
Entrons dans l’atelier de Rembrandt pour essayer de comprendre comment l’art devient une véritable entreprise commerciale, comment Le Maître façonne ses élèves à son image et combien il pose de problèmes aux futurs historiens de l’art.
« Le Mont Valérien, entre ermitage et pèlerinage » par Jean-Marie Maroille, président de la Société d’Histoire de Suresnes (SHS)
Le samedi 7 décembre 2024 à 15h au Palais de la Culture
La conférence présentée par Jean-Marie Maroille, président de la Société d’Histoire de Suresnes, s’appuie sur les recherches et les conseils d’un des rares savants qui a approfondi ce sujet depuis quarante ans : Michel Guillot.
Il s’agit d’une double histoire religieuse, en un même lieu, qui a marqué les villes situées autour de la butte comme chemin d’accès : Suresnes, Nanterre, Rueil-Malmaison et Puteaux.
De 1400, avec l’arrivée du premier ermite, jusqu’en 1830 avec la disparition du deuxième pèlerinage, nous découvrons deux histoires religieuses antinomiques dont il ne reste rien ou presque :
– Ermitage, lieu de réclusion solitaire qui se transformera d’ailleurs en communauté,
– Pèlerinage, aux allures parfois excessives, dans tous les sens possibles, qui déplaça selon certains auteurs jusqu’à un million de pèlerins certaines années ! Au point qu’après la Révolution, en 1802, les suresnois eux-mêmes demandèrent le rétablissement de cette manifestation « bonne pour les vignerons et le commerce ».
Il y aura une suite à cette double histoire, mais imprévisible…




