
C’est Paul Bert, qui était élève de Claude Bernard et qui lui succéda comme professeur de Physiologie à la Sorbonne, qui expliqua les phénomènes de décompression, grâce à de nombreuses expériences qu’il exposa dans son ouvrage La Pression barométrique.
Bien avant Paul Bert, des accidents emboliques baptisés accidents de décompression avaient été observés chez des scaphandriers.
L’explication en est simple : la physique nous dit qu’un gaz se dissout dans un milieu proportionnellement à sa pression partielle (loi de Henry).
Aussi lorsque le scaphandrier est soumis à une haute pression, lors de son séjour en eaux profondes, l’air se dissout en grande quantité dans ses tissus, tout particulièrement l’azote qui représente les 4/5ièmes de l’air inspiré.
Lorsqu’il revient à la surface, à une pression beaucoup plus basse, l’azote dissout s’échappe sous forme de bulles gazeuses dans les tissus et le sang causant de graves dégâts.
Afin de prévenir ces accidents on a institué les paliers de décompression bien connus des plongeurs ainsi que l’utilisation de chambres de décompression.
Ces explications s’appliquent aussi lorsque l’homme s’aventure à de grandes altitudes, cas d’aviateurs ou d’astronautes intervenant hors de la capsule spatiale. Cette fois, il est soumis à une pression très basse, aussi l’air dissout dans ses tissus a-t-il tendance à s’échapper sous formes de bulles. On évite ce phénomène dans les avions grâce à la pressurisation.
L’ouvrage La Pression barométrique n’avait pas été traduit et ce n’est que pendant la guerre en 1943, aux Etats-Unis, que des ingénieurs le découvrirent alors qu’ils étudiaient les réactions des aviateurs en altitude.
Jean ROUSSAUX
9 avril 2025




